Los pies desnudos de Siracusa.pdf

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Julien, piso la arena con mis pies y dejo de cubrirme el rostro con las manos. Tu
cuerpo sin cabeza dibuja mis hombros y mi nuca, y mi perfil guarda el secreto de
los secretos. Los recuerdos desgarran los rostros. Te olvidé por unos días y veo
todos los seres humanos sin cabeza. Todos los secretos son acéfalos. Los gatos
me miran y huyen. Cuentan esta historia, estas historias que terminan en las
ruinas de Roma. Se nutren de nuestras cabezas de hombres y Roma se desprende de
Siracusa como una barca demasiado vieja cuya inmovilidad se mueve en el mar. Los
sentimientos son cuadros. Tu nombre no es el nombre de nadie, ningún paréntesis
cierra este tallado. El mar está a los pies de Siracusa que sube por la espalda
de otras ciudades. La espuma cerca la ciudad como esos muros rasguñados con
secretos, y estos paréntesis, cercan la imagen de las palabras del lenguaje que se
buscan un destino ya que no pueden cerrar una historia.
Julien, je foule le sable avec mes pieds et je ne recouvre plus mon visage avec
mes mains. Ton corps sans tête dessine mes épaules et ma nuque, et mon profil
garde le secret des secrets. Les souvenirs arrachent les visages. Je t’ai oublié
quelques jours et je vois chaque être humain sans la tête. Tous les secrets sont
acéphales. Les chats me regardent et s’enfuient. Ils racontent cette histoire,
ces histoires qui échouent dans les épaves de Rome. Ils se nourrissent de nos
têtes d’hommes et Rome se détache de Syracuse comme une barque trop vieille dont
l’immobilité est mobile sur la mer. Les sentiments sont des tableaux. Ton nom est
le nom de personne, aucune parenthèse ne ferme cette entaille. La mer est aux
pieds de Syracuse qui monte sur le dos d’autres villes encore. L’écume presse la
ville comme ces murs griffés de secrets et ces parenthèses à l’image des mots du
langage qui se cherchent un destin faute de refermer une histoire.
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